Interview "club et concerts" (Bx)

 

 

Retrouvez l'interview rencontre du Club et Concerts de décembre 2014 (officiel des spectacles bordelais).

" Sumsic a le rock'n'roll dans le sang.Près de dix ans après sa formation, le groupe livre enfin son premier format long.Un disque bouillonnant, brut et bardé de mélodies soignées que n'est pas sans rappeler les grands noms de la musique alternative bordelaise. Explication avec Arno, leader du groupe."

 

C&C : Peux-tu nous présenter rapidement le groupe et son parcours ?

Arno : SUMSIC vient du latin, et signifie (sum): je suis et (sic): ainsi. La formation actuelle avec Tony à la guitare lead, Quentin à la batterie, et Arno au chant date de 2009, avec l'arrivée de Sylvain à la basse en mars 2013. Le groupe existe depuis 2004, mais a connu beaucoup de changement,je suis l'unique membre d'origine.Avant l'album "Au coeur du vivant, nous avons enregistré un 1er EP 6 titres en 2011 avec Pascal Ricard à Rock&Chanson à Talence.

- Le son de Sumsic associe riffs de guitares efficaces, chant mélancolique et textes soignés en Français. Le public aura tôt fait de vous comparer à Noir Désir ou Eiffel, tant votre rock semble s'inscrire dans la plus pure tradition Bordelaise. Est-ce quelque chose qui te pose problème ?
- Non, bien sûr.Je préfère que notre musique soit comparée aux meilleurs, mais il y a aussi beaucoup d'autres influences moins automatiques qui nous tiennent à coeur. Au public de les découvrir. Je suis le seul en fait à écouter et aimer Noir Désir et Eiffel.

- Le travail effectué sur les lignes de basses est assez remarquable. On sent ici plus qu'une envie de poser une simple rythmique en arrière-plan. Le son etant très groovy et démarqué, à l'image des Red Hot Chili Peppers...
- L'arrivée de Sylvain nous a énormément apporté en groove, c'est ce que nous voulions. La comparaison avec les Red Hot est flatteuse. Mais on pourrait y ajouter les Rage Against The Machine.En ce qui concerne la composition, il n'y a pas de travail spécifique en ce qui concerne la mise en avant de tel ou tel instrument.Les choses se font naturellement, tout dépend si l'on part d'un basse/batterie ou de la guitare sur une composition.

- Vous avez mis en boîte ce premier disque avec Pascal Ricard de l'Antirouille. Le son est très « live » et illustre parfaitement le titre de l’album "Au cœur du vivant". Quel était le "rendu" recherché ?
- Le son fait très live en effet, mais nous n'avons pas négligé la production. C'était déjà le cas sur notre EP, mais la production était moins bonne. Nous recherchions un rendu direct, un peu brut et bien rock. C'est quelque chose qui manque un peu actuellement dans ce que l'on peut écouter.Tout est beau, bien rond, très voire trop produit, lisse, parfait. Les sessions studio avec Pascal sont intenses. Il nous connait et essaie de tirer le max de chacun de nous. Il nous pousse à nous dépasser, nous met en face de nos difficultés.Il n'y a pas de cadeau, mais l'objectif reste bien de sortir le meilleur du groupe.

- Le mix est par ailleurs assuré par Fred Duquesne, ex-Watcha et désormais guitariste de Bukowski. Ce dernier est par ailleurs connu pour son travail sur les derniers albums de Mass Hysteria. Comment êtes-vous entré en contact avec lui ?
- Une rencontre virtuelle d'abord, par internet. Nous avons envoyé un mail en pensant que le mec autre chose à faire, et à notre grand étonnement il a répondu positivement!

- Fred Duquesne est un producteur plutôt étiqueté metal. On imagine facilement qu'il puisse être l'homme de la situation lorsqu'il s'agit de mettre en exergue votre côté catchy...
- Il a en effet cette étiquette métal. Mais quand tu regardes ce qu'il a fait, il touche à tout (Brigitte, Mozart Opéra Rock, Kyo), et j'aime beaucoup son approche de la production. Le coté catchy des guitares est important pour nous, mais il passe beaucoup de temps sur la batterie et la basse.Fred a aussi amené des idées sur le son, parfois sur la structure des titres. Il nous a fait couper des parties sans véritable intérêt dans un morceau.

- La production rock’n’roll est désormais conséquente, les magazines de moins en moins nombreux et chacun peut désormais s’offrir un peu de visibilité sur Internet. Le public semble de ce fait un peu perdu dans la masse de groupes émergeants, et tourner s'avère parfois difficile pour les nouveaux venus.Prévoyez-vous de jouer hors des "frontières" du sud-ouest ?
- Tourner et faire découvrir sa musique est le nerf de la guerre.Mais il ne suffit pas de faire des morceaux et de les diffuser sur le net pour esperer faire des concerts.Les musiciens ne sont cependant pas des commerciaux ils doivent donc s'entourer.C'est ce qu'on essaie de faire au fur et à mesure que nous avançons. Nous avons déjà un éditeur, Lalouline sur Caen et nous aimerions trouver un tourneur qui nous fasse confiance pour pouvoir écumer les salles obscures de France.S'exporter n'est pas facile, mais c'est tout aussi difficile de jouer localement. Personne n'est prophète en son pays, et nous avons d'ailleurs souvent reçu des meilleurs retours sur nos sorties hors sud-ouest.

- Je te laisse le mot de la fin…
- Ce sera plaisir, nous esperons que notre musique en procurera, et donnera envie aux gens de venir nous découvrir sur scène. Nous serons le 6 décembre au Comptoir du Jazz et le 12 décembre dès 18h à la résidence Crespy de Talence pour le noel de l'association F.Sévène.

 

 

@ interview faite par Benoît Disdier